Ernestine, l’héroïne de Marie-Jeanne Riccoboni, exerce une activité rémunérée qui assure son indépendance ; elle épouse l’amant dont elle partage les sentiments, un homme dont elle est le professeur, un homme “ qui goûte le plaisir de lui voir prendre une espèce d’autorité sur lui. ”
Transgressant les conventions de son époque, Ernestine est une héroïne tout à fait exceptionnelle. Ce roman écrit en 1762, inspiré par l'expérience féminine sublimée par l’imaginaire de l’auteur, est reçu élogieusement par Diderot et Grimm. Dans ce discours “ au féminin ”, Marie-Jeanne Riccoboni proclame la nécessité de l’indépendance économique des femmes, leur aptitude à instruire, même les hommes, leur droit à exprimer librement leur sexualité.
Sous une forme romanesque, poursuit Colette Piau-Gillot dans sa préface, l’auteur illustre avec talent ce que nous pouvons appeler le “ féminisme des lumières. ”
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