«Le docteur en théologie fut réveillé par les grognements du chien, prêt à le défendre. Un groupe de femmes armées de bâtons, de branches d'arbres et de fourches le menaçait. L'une d'entre elles, âgée d'une quarantaine d'années, s'approcha sans prêter attention aux grognements de l'animal fascinée par la nudité du docteur. De la main gauche, elle intima aux autres femmes de ne pas faire un pas de plus. Pudiquement le docteur couvrit son sexe de ses mains. D'un geste de la tête, il montra sa soutane à la femme. Celle-ci, avec le long bâton qu'elle tenait dans la main droite, la souleva et la tendit au docteur. Certaines femmes firent le signe de la croix. Elles le tenaient pour un miraculé. Il est rare qu'un être humain survive dans ces eaux, surtout ces derniers jours, depuis que la rivière est en crue. (...)» A travers cette histoire de folie aux portes de l'enfer, de folle sarabande d'un docteur en théologie affrontée à la cruauté de la vie ordinaire, Telmo Herrera renoue avec la littérature fantastique en Amérique latine.
Telmo Herrera (Mira, Equateur 1948) est l'un de ceux qui perpétuent l'image de l'artiste aux multiples talents tels que le furent Lorca, Cocteau, Artaud, Mario de Andrade ou Michaux. Romancier, Papá murió hoy, finaliste du prix Nadal en1984, (ediciones Destino, Barcelona, 1985); La cueva, 1995, (Antoine Soriano éditeur, Paris, 1995); Lucero, 1998, (Artes finales éditeur, Paris, 1998). Il se consacre également à la poésie, La publicidad, cuentos de hadas del siglo XX, (Séville,1977); Correo aéreo, (Séville, 1987); Algo así como un poema, (Madrid,1981); Desde la capital de los MalGenios, (Paris, 2000) ainsi qu'à la nouvelle, publiée en Espagne, en Amérique latine et en France. Il vit et travaille à Paris en tant que metteur en scène, mais aussi acteur et plasticien. Ses dessins, calligraphie abstraite sont la suite de son oeuvre écrite dans laquelle on évolue entre l'obsessionnel poétique et le monstrueux. Sa dernière création théâtrale «Allô... la voix du portable est impénétrable» a été représentée au théâtre de Nesle, Paris, 2004.
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